Depuis plusieurs semaines des manifestations de la jeunesse tunisienne secouent la Tunisie. Mohamed Bouazizi, jeune chômeur, vient de mourir après s’être immolé par le feu par désespoir de ne pouvoir vivre dignement dans son pays dont les performances économiques sont loin du « miracle » complaisamment présenté par les médias.
Tous les laissés pour compte, les exclus, les jeunes diplômés mais aussi les travailleurs sont descendus dans la rue car ils ne cessent, depuis de longs mois, de protester contre des choix politiques et économiques qui ne tiennent nul compte des conditions dramatiques dans lesquelles vit une large part de la population tunisienne.
Suite à ces manifestations, le pouvoir tunisien rongé par la corruption et le nepotisme n’a trouvé d’autre réponse que la répression et des arrestations faites la plupart du temps avec violence. Un jeune de 18 ans a ainsi été tué par balle. Les associations et les organisations et les médias oeuvrant pour les droits de l’homme se voient menacées de fermeture et de privations de liberté.
La France entretient des relations privilégiées avec le gouvernement tunisien; en 2008, de nombreux accords touchant différents secteurs -financier, touristique, transport et tourisme- ont été signés.
Selon les normes en vigueur, un accord ne peut se concrétiser que si les droits de l’homme sont appliqués et effectifs. Or, ce n’est plus le cas depuis un certain temps. De nombreuses organisations des droits de l’Homme ont dénoncé cette situation où prévalent des violations graves des droits humains.
Des événements de même nature secouent l’Algérie où le pouvoir fait tirer sur la foule des jeunes qui s’épuisent à demander du travail et qui s’insurgent contre le doublement des produits alimentaires de base. L’image de la France est très atteinte par le soutien apporté par des dictatures qui n’ont d’autre argument que la menace « intégriste » pour justifier les atteintes permanentes aux droits humains.
Il est temps que le gouvernement français, tout comme l’Union européenne, prenne ses responsabilités que lui dictent certaines conventions internationales et suspende ses relations avec le gouvernement tunisien tant que les droits de l’Homme seront ouvertement niés et piétinés.