Jeudi 23
avril, à l'initiative de Plaine commune, nous avons lancé les Jeudis de l'architecture
« Rêves métropolitains ».
Il nous a semblé essentiel que chacun prenne connaissance et
débatte des dix projets développés par les équipes d'architectes sur le Grand
Pari(s). Ainsi un jeudi par mois, nous recevrons, au Stade de France l'un
de ces architectes.
Cette première session a été inaugurée par Roland Castro qui
a bien voulu se prêter au jeu. Plus de 200 personnes ont répondu à l'appel.
Preuve de l'intérêt que suscitent ces questions.
Voici quelques éléments de ma conclusion qui tente aussi de
reprendre certaines questions du public auxquelles on n’a pas eu le temps de
répondre.
A l’issue de ce premier débat, on a envie de continuer parce
que ce débat pose avant tout la question de l’urbanité, de l’appropriation de
la ville par les gens. Et pose finalement d’autres questions, au delà de la
question du Grand Paris en soi.
Avant de conclure, je voudrais rappeler que ce travail qui a
été mené par les 10 équipes d’architectes se situe dans un contexte où la
question du grand Paris est revenue sur le tapis de différentes manières.
D’abord parce que, quand Bertrand Delanoë est devenu maire
en 2001, il a tout de suite constitué avec les villes de la première couronne la
« Conférence métropolitaine » pour réfléchir aux relations entre la
ville de Paris et les villes de la périphérie.
Ensuite parce que le nouveau Président de la République, pas
très loin d’ici, à Roissy, il y a maintenant 2 ans, a dit « Il faut faire
le Grand Paris ». Enfin, ce même Président de la République a missionné un
secrétaire d’Etat, Christian Blanc et toute une équipe, pour travailler sur ce
que pourrait être ce Grand Paris.
Et enfin, il y a eu la commission Balladur. On
Une personne dans la salle demandait plus tôt « Qu’est-ce
qui se passerait si on ne le faisait pas ? ». Si on ne fait rien, si
nous ne faisons rien, si on ne renverse pas la vapeur… Roland parlait tout à
l’heure des émeutes de 2005... Et au-delà d’ailleurs de novembre 2005, il y a urgence
au vu de ce qu’on vit sur notre territoire et dans bon nombre de territoires
franciliens…
On a amorcé ce soir des débats qui ne sont pas finis, mais
on va essayer de conserver le fil rouge de ce soir. La question des tours, par
exemple, ou des immeubles de grande hauteur, pose effectivement la question de
l’espace. Je sais bien que la réponse de Roland n’a pas convaincu tout le
monde. Mais au moins le débat a lieu… Si on veut de l’espace en bas, il faut
peut-être monter plus haut. Ces « no man’s land » que sont ces grands
espaces autour des cités que l’on connaît et qui sont des lieux sans fonctionnalité,
qu’est-ce qu’on en fait ? Car quand un lieu n’a pas de fonction, ce lieu
est utilisé n’importe comment. La question de l’espace public, qu’il soit
minéral ou végétal, doit aussi être posée.
En effet, tu as dit quelque chose de très intéressant sur l’exemple
des Halles, qui rejoint le débat à propos de l‘appropriation d‘un lieu : qui
doit décider ? Pour le chantier de la Porte de Paris, on a constitué un Comité
de riverains, un Comité consultatif. Mais finalement, cette Porte de Paris n’est
pas que la propriété des gens qui l’entourent. On voit bien que c’est plus
complexe et qu’il faut aussi s’interroger sur la conséquence de tel ou tel
aménagement au-delà des seuls riverains. Je crois que ces débats là nous
amènent à progresser dans notre réflexion sur le vrai débat démocratique.
Face au projet présenté, un participant a posé la question
de la participation citoyenne. Je pense que si l’on veut avoir un vrai débat démocratique,
on a besoin d’entrevoir les projets d’abord. On avait donc besoin du
« topos » avant le « demos ».Un autre participant l’a
dit : qu’on puisse enfin se projeter, délirer, rêver à une métropole qui
tournerait le dos à la société de consommation à outrance, une société de
gaspillage. C’est là où l’on rejoint les notions de sobriété ou de simplicité
qui n’ont pas été exprimées mais dont tu as parlé d’une autre manière : la
façon dont on peut économiser les énergies, y compris les énergies humaines qui
se gaspillent beaucoup dans les transports entre le lieu de travail et le lieu
d’habitation par exemple. Ce temps de réflexion, ce temps de projection était donc
nécessaire. Et le temps démocratique est tout autant nécessaire.
Le Président de la République devrait, le 29 avril, faire
une déclaration autour du travail que mène Christian Blanc. Je serais tenté de
dire que rien ne serait pire que s’il figeait des choses, que ce soit
d’ailleurs dans le domaine de la gouvernance ou dans le domaine du projet. Il faut
que la question du Grand Paris reste ouverte au débat démocratique pendant un
temps certain, dans un exercice d’aller et retour avec la population parce que
nous en avons besoin pour construire une ville qui ne sera jamais finie.
Quant à la question « C’est pour quand ? », je
répondrai « C’est pour toujours et c’est pour jamais ». Parce que la
ville se reconstruit toujours sur elle-même, qu’elle est un produit infini qui
est toujours en modification. Et quand elle n’est plus en modification, elle devient
une ville figée, une ville musée. Et c’est bien le problème qui se pose
aujourd’hui à Paris intramuros. Elle ne peut plus être seule.
Sur la question de la modernité - mot que tu n’as pas prononcé
mais qui est présent dans l’ensemble du projet auquel vous avez travaillé
- elle est importante parce qu’on ne
peut pas avoir une vision passéiste, une vision rétrograde de ce que peut être
Paris Métropole.
Dernière chose, on revendique ici - et j’espère qu’on le
revendique aussi ailleurs - le fait de penser Paris Métropole du point de vue
de la banlieue. C
Voilà ce que je voulais ajouter par rapport à cette
réflexion et à ce travail qu’on a mené ce soir. Merci à vous tous d’avoir été
présents.”
Prochains rendez-vous
des Jeudis de l’architecture :
Jeudi 14 mai : Yves Lion
Jeudi 11 juin : Bernardo Secchi et Paola Vigano
Jeudi 18 juin : Antoine Grumbach
Jeudi 2 juillet : Djamel Klouche
La liste sera complétée
ultérieurement
Entrée libre et
ouverte à tous.
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