Le lundi 16 mars marque la fin de la trève hivernale; la ministre du logement vient d'assurer que plus personne ne sera expulsée sans solution de relogement. C'est un progrès. Ce type d'annonce avait déjà eu lieu en 2005 et n'avait pas été suivi d'effet. Mais avec les associations travaillant sur les questions du logement, je crains fortement que ne soit proposée aux expulsables qu'une solution d'hébergement (accueil temporaire en hôtel ou foyer) et non un relogement stable.
Notre pays manque cruellement de logements sociaux. La crise économique qui va entraîner la suppression de près de 300 000 emplois et l'augmentation du chômage risque d'accroître le nombre de personnes expulsables. Le coût du logement représente la plupart du temps plus de 25% du budget d'un ménage; 500 000 foyers, malgré l'aide au logement, sont en situation d'impayés de loyer.
Près de 221 000 personnes, parmi elles de nombreux jeunes de moins de 25 ans, occupent des appartements sans titre ou suite à une décision de justice sont sous le coup d'une expulsion.
En 2008, 10 000 personnes ont été expulsées avec l'aide des forces de police.
La loi DALO n'arrange rien, au contraire, les délais d'expulsion sont réduits, de plus elle attaque le droit à un logement stable des locataires dans les HLM comme dans le parc locatif privé. Elle accélère la privatisation des HLM et ponctionne des fonds destinés au logement (1%, Livret A) pour compenser les coupes sombres dans le budget logement de l’Etat. Ainsi que le précise l'association Emmaüs, la loi favorise la répression au détriment de la prévention.
De
plus, cette loi n'assure pas l'effectivité du droit au
logement. Pour l'assurer faudrait il encore manifester la volonté
de garantir le droit au logement à tous ceux qui sont victimes
des politiques qui ne font qu'augmenter la précarité et
casser les services publics.
Il s'agit aujourd'hui de produire des logements sociaux en nombre suffisant, de revaloriser les aides au logement, d'assurer que les charges dues au logement n'excède pas plus de 20% des revenus d'un foyer.
Enfin et surtout, il faut la création d’un grand service public du logement en charge de faire valoir le droit sur la loi du marché et qui assure la transparence entre l’offre locative et la satisfaction de la demande.
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