Voici le compte rendu de ma participation au Forum social mondial de Belém (Brésil) qui avait lieu du 29 au 31 janvier 2009. Vous trouverez par ailleurs les déclarations finales des différentes rencontres qui ont eu lieu à Belém
Rencontre avec Lula, 30 janvier
Pendant deux heures, Lula a reçu une délégation du Conseil international du FSM et a répondu aux diverses questions des participants. J'étais parmi les 30 invités. Les questions ont porté sur les éléments qui devraient garantir l'intégration des pays du sud, l'impact et l'apport de la société civile dans les processus de changement surtout pour certains pays d'Amérique latine et sur les conséquences de la crise économique au Brésil.
Si Lula a brossé un bilan assez large et positif de son action depuis son premier mandat et l'importance de son appartenance au mouvement social, et particulièrement au mouvement syndical, qu'il revendique, il n'a pour autant pas adhéré à la déclaration portant sur l'illégitimité du G20 -portée par l'ensemble du mouvement social du Forum social mondial . Il a tenté de légitimer le travail fait par le Brséil au sein du G20 comme si cette institution était une fin en soi pour son pays, tout comme d'ailleurs, il a appelé à ce que les négociations -au niveau agricole- soient reprises lors du prochain sommet de Doha.
Dans le même ordre d'idée il a revendiqué le travail fait par le Brésil au niveau du Conseil de Sécurité afin que l'Amérique latine puisse obtenir un membre permanent au sein de ce Conseil, pourtant si la question de la réforme du Conseil de Sécurité doit être posée, la réponse ne peut être donnée en termes de nombre de membres permanents. C'est toute la régulation des rapports de force dans les relations internationales qui est à revoir, à repenser de façon à ce que l'ensemble des pays membres des Nations Unies aient le même poids au sein de ce Conseil pour qu'il ne soit pas préempté par l'ensemble des pays occidentaux ou des pays dits appartenant à l'Axe du bien. Ce Conseil doit être l'axe principal du droit des peuples à disposer d'eux mêmes, de leurs ressources naturelles et à choisir librement de leur représentation politique.
La question de la Palestine a été abordée à partir de deux points, celui des acoords signés mais non encore ratifiés entre le Mercosur et Israël et celui sur la possibilité pour le Brésil , en tant qu'Etat de saisir l'Assemblée générale des Nations unies pour obtenir la création d'un tribunal ad hoc de façon à ce que les crimes de guerre commis dans la Bande de Gaza soient jugés ainsi que l'ont été ou sont entrain de l'être certains crimes de guerre commis au Rwanda ou dans l'ex Yougoslavie.
Il est à noter que sur ces deux points, le président Lula n'a apporté aucune réponse claire préférant mettre l'accent sur les intercoluteurs possibles dans le cadre des négociations de paix.
Mon point de vue sur le Forum social mondial de Bélem
Ce forum social mondial a été un succès. La crise pouvait faire craindre un repli, une fréquentation moindre, ce ne fut pas le cas; 130 000 personnes se sont inscrites et ont participé. 80 000 du Brésil, 30 000 d'Amérique latine, 10 000 d'Europe, 10 000 des autres continents, dont le continent nord américain. Compte tenu du contexte imposé par la crise économique, il a constitué une étape importante parce que le mouvement altermondialiste, au lieu de s'étioler, poursuit son extension géographique avec l'inclusion de nouveaux acteurs -cette année les Indiens d'Amazonie portant une approche nouvelle quant aux questions du climat, de la biodiversité, de la gestion des ressources communes, et du droit des peuples - mais aussi de nouvelles problématiques dont la prise en compte des évolutions de la planète (crise financière, crise alimentaire, crise écologique, crise au niveau des droits fondamentaux, crise sociale).
Le mouvement altermondialiste a prouvé à Belem qu'il pouvait continuer, mobiliser de nouveaux acteurs et travailler avec la jeunesse, présente en nombre et lors des interventions et parallèlement à ces rencontres, poser la question de la société du futur et de l'alternative à construire, par la recherche de convergences et d'articulation avec les luttes sociales, face à une société basée sur le capitalisme.
Le 30 janvier2009 :
- participation et intervention au séminaire co-organisé par l'AITEC et le FAL, « métropole solidaire et les élus »,
- participation et intervention à la réunion organisée par l'Université Paris 13, « Internationalisation de l'action collective et mouvement social »
« Les autorités locales et les mouvements sociaux face aux crises financière, sociale, culturelle et environnementale », 31 janvier Séminaire,
Problématique soulevée par ce séminaire: Face à cette nouvelle période, le Forum des Autorités locales a lui aussi l'obligation de s'adapter. La crise ouverte que nous connaissons change notre perception et oblige à une nouvelle pensée stratégique de la crise qui correspond à la conjonction de plusieurs temps; celui du temps court qui renvoie à la réponse politique donnée face à la crise par le gouvernement, alors que ses politiques sont cause de la crise; et celui du temps long correspondant à celui des transformations sociales où se pose la question du dépassement du capitalisme. Les autorités locales doivent s'interroger sur ces points, elles sont confrontées à la pauvreté mais aussi à la question de la sécurité, de la lutte contre le terrorisme dans le cadre de la défaite idéologie néo libérale.
Mon intervention
Nous sommes tous convaincus de la nécessaire articulation entre mouvement social et pouvoirs locaux. Candido Grzybowski de Ibase-Brésil l'a rappelé, le moment électoral et son résultat n'est que la traduction -à un instant T- du mouvement social, traduction d'un rapport de forces entre forces progressistes et forces réactionnaires.
En tant qu'élus mobilisés pour un autre monde, nous avons l'obligation de nous appuyer sur le travail du mouvement social. Faisons en sorte que, lors du prochain FSM, le FAL soit pleinement intégré dans le temps et l'espace du forum.
La crise financière, économique, écologique et sociale est là et bien là. Et comme l'a dit Gilbert Roger -vice président du Conseil général de Seine-Saint-Denis- la question d'une alternative politique est plus que jamais d'actualité.
En précisant qu'il faut s'appuyer sur les habitants, Pedro Castro -Président FEMP, Espagne- a mis en évidence le travail mené par « les gouvernements » nationaux et locaux, en Amérique latine, Malheureusement en Europe, Raffaela Bolini -ARCI, Italie- vient de le rappeler, les rapports de force ne sont pas les mêmes. la droite libérale est aux commandes dans de nombreux pays et quand la social-démocratie est au pouvoir, même si elle est promeut des politiques sociales, elle ne conteste pas les fondements du système capitaliste.
On ne peut se satisfaire de cette Europe-là.
Si
la crise est palpable pour tout le monde, il serait vain de croire
qu'elle va ramener à la raison les partisans de l'idéologie
libérale, à la raison d'une part,ceux qui ont la main
mise sur la finance, l'économie, les média et d'autre
part, la droite conservatrice et libérale. Bien au contraire,
ils vont et ont déjà trouvé les moyens de faire
supporter les conséquences de cette crise aux salariés
et aux plus pauvres.
Face à toutes les exclusions, il n'y a
pas de demi mesure et je partage les propos de Jean Pierre Elong
Mbassi -secrétaire général CGLU, Afrique-. Nous
devons choisir notre camp et notre engagement politique doit être
total et sans ambiguïté.
Il n'y a pas de petits combats, défense des services publics, résistance contre la marchandisation , la privatisation de tous les biens y compris les plus fondamentaux dont la santé, l'éducation, la culture, l'énergie mais aussi contre les licenciements, contre les saisies et les expulsions locatives, contre les désastres écologiques, contre toutes les réformes institutionnelles tendant à renforcer le centralisme et à rejeter encore plus loin de toute centralité les populations les plus modestes et les précaires.
Le droit à la ville, cher à Henri Lefèbvre – philosophe marxiste du Xxe siècle- est plus que jamais d'actualité.Il ne s'agit pas du droit à une ville ségréguée, mais du droit à la centralité, à un endroit qui compte, dans un lieu où la dignité de la personne est respectée et où l'accès aux biens fondamentaux est reconnu.
En ce sens, le rôle des villes de banlieues populaires est déterminant. C'est à partir d'elles qu'il faut penser la ville, la métropole, la mégapole de demain -parce qu'elles sont le lieu où les conséquences de la crise se font le plus sentir, sont les plus dramatiques, mais où se contruisent les résistances, les luttes où émergent innovation et créativité, le nouveaux types de solidarité, d'économie sociale et solidaire, de nouveaux modes de vie souhaitées.
C'est pourquoi le FALP de Rétafé en 2010 est important, la communauté d'agglomération de Plaine Commune est prête à participer à son organisation.
Historiquement, les villes se sont construites à l'intérieur de murs, de remparts, de fortifications avec ceux du dedans et ceux du dehors. Au cours des siècles, les murs, presque tous les murs, sont tombés et ceux qui restent sont d'autres murs de la honte, des murs invisibles qui s'y sont substitués. mais le résultat est toujours le même.
La ville, la métropole, la mégalopole continuent de se construire de manière quasi uniforme sur toute la planète secrétant ses exclusions, ses ségrégations, ses ghettos et ses bidonvilles.
Le choix est clair et je le répète, il n'y aura pas de juste milieu, c'est le choix entre l'inclusion sociale ou encore plus d'exclusion, entre une société solidaire et fraternelle ou une société sécuritaire et répressive entre le partage des richesses ou l'accroissement des inégalités, entre le vivre ensemble dans un espace public partagé ou le rejet et la négation de l'autre.
Un autre monde est possible mais surtout plus que jamais un autre monde est nécessaire; ou bien pour reprendre une formule qui a parcouru le monde, le fameux « yes, we can », je serai tenté de dire, « yes, we can, but first of all, yes, we must » ou encore miex « yes, we have to... »
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Les déclarations finales des différentes Assemblées, celle des mouvements sociaux, de l'Assemblée des femmes, celle sur les migrations, sur la justice climatique et de l'Assemblée sur la solidarité avec la Palestine
Déclaration de l'AG des mouvement sociaux au forum mondial de Bélem
On ne va pas payer pour la crise. Que les riches paient pour elle ! Des mesures anti-impérialistes, anti-capitalistes, féministes, écologistes et socialistes sont nécessaires.
Nous,
les mouvements sociaux du monde entier nous nous sommes réunis
à l’occasion du 9e Forum social mondial à Belém
en Amazonie où les peuples résistent à
l’usurpation de la nature, de leurs territoires et de leurs
cultures. Nous sommes en Amérique latine là où
au cours de la dernière décennie a eu lieu une nouvelle
rencontre entre les mouvements sociaux et les mouvements indigènes.
Ces derniers questionnent radicalement depuis leur cosmovision le
système capitaliste. L’Amérique latine a ces
dernières années mené des luttes sociales très
radicales qui ont conduit au renversement de gouvernements
néolibéraux et à la mise en place de
gouvernements qui ont mené à bien des réformes
positives comme la nationalisation de secteurs vitaux de l’économie
et de réformes constitutionnelles démocratiques.
Dans ce contexte, les mouvements sociaux d’Amérique latine ont agi de manière adéquate en décidant d’appuyer les mesures positives adoptées par ces gouvernements tout en maintenant leur capacité de critique à leur égard. Ces expériences nous aideront à renforcer la résistance ferme des peuples contre la politique des gouvernements, des grandes entreprises et des banquiers qui déchargent les effets de la crise sur les opprimé(e)s.
Actuellement, nous les mouvements sociaux de la planète faisons face à un défi de portée historique. La crise capitaliste internationale qui porte préjudice à l’humanité s’exprime sur différents plans : c’est une crise alimentaire, financière, économique, climatique, énergétique, migratoire..., de civilisation qui accompagne la crise de l’ordre et des structures politiques internationales.
Nous sommes face à une crise globale provoquée par le capitalisme qui n’a pas d’issue au sein du système. Toutes les mesures adoptées pour sortir de la crise ne cherchent qu’à socialiser les pertes pour assurer la survie d’un système basé sur la privatisation des secteurs stratégiques de l’économie, des services publics, des ressources naturelles et énergétiques, la marchandisation de la vie et l’exploitation du travail et de la nature ainsi que le transfert de ressources de la Périphérie au Centre et des travailleu/rs/ses à la classe capitaliste.
Ce système est régi par l’exploitation, la compétition exacerbée, la promotion de l’intérêt privé individuel au détriment de l’intérêt collectif et l’accumulation frénétique de richesses par une poignée de nantis. Cela génère des guerres sanglantes, alimente la xénophobie, le racisme et les extrémismes religieux, cela renforce l’exploitation des femmes et la criminalisation des mouvements sociaux. Dans le contexte de cette crise les droits des peuples sont systématiquement niés. L’agression sauvage du gouvernement israélien contre le peuple palestinien est une violation du droit international qui constitue un crime de guerre, un crime contre l’humanité et aussi un symbole de la négation de droits dont souffrent également d’autres peuples du monde. Cette impunité honteuse doit cesser
Pour faire face à la crise, il est nécessaire d’aller à la racine du problème et d’avancer le plus rapidement possible vers la construction d’une alternative radicale qui en finisse avec le système capitaliste et la domination patriarcale. Il est nécessaire de construire une société basée sur la satisfaction des besoins sociaux et le respect des droits de la nature ainsi que la participation populaire dans un contexte de pleine liberté politique. Il est nécessaire de garantir l’exécution de tous les traités internationaux sur les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels (individuels et collectifs) qui sont indivisibles.
Dans cette perspective, nous devons lutter pour impulser la plus large mobilisation populaire par une série de mesures urgentes comme
* la nationalisation sans indemnisation et sous contrôle social du secteur bancaire
* la réduction du temps de travail sans réduction de salaire
* des mesures pour garantir la souveraineté alimentaire et la souveraineté énergétique
* l’arrêt des guerres, le retrait des troupes d’occupation et le démantèlement des bases militaires étrangères
* la reconnaissance de la souveraineté et de l’autonomie des peuples qui garantisse le droit à l’autodétermination
* la garantie du droit à la terre, au territoire, au travail, à l’éducation et à la santé pour toutes et tous.
* La démocratisation des moyens de communication et de connaissance
Le
processus d’émancipation sociale poursuivi par le projet
féministe, écologiste et socialiste du XXIe siècle
aspire à libérer la société de la
domination exercée par les capitalistes sur les grands moyens
de production, communication et services par l’appui à des
formes de propriété d’intérêt social :
petite propriété familiale, propriété
publique, propriété coopérative, propriété
communale et collective. Cette alternative doit être féministe
car il est impossible de construire une société basée
sur la justice sociale et l’égalité des droits si la
moitié de l’humanité est opprimée et
exploitée.
Enfin,
nous nous engageons à enrichir le processus de construction
de la société basée sur la qualité de
vie en reconnaissant le participation active et l’apport des
peuples indigènes.
Nous, les mouvements sociaux sommes face à une occasion historique pour le développement d’initiatives d’émancipation à l’échelle internationale. Seule la lutte sociale des masses peut sortir les peuples de la crise. Pour impulser cette lutte, il est indispensable de développer un travail de conscientisation et de mobilisation à la base
Le défi pour les mouvements sociaux est d’arriver à organiser la convergence des mobilisations globales à l’échelle de la planète et de renforcer notre capacité d’action en favorisant la convergence de tous les mouvements qui cherchent à résister à toutes les formes d’oppression et d’exploitation.
Nous
nous engageons ainsi à :
* Mettre en place une semaine d’action globale contre le capitalisme et la guerre du 28 mars au 4 avril 2009 avec
- une mobilisation contre le G20 le 28 mars
- une mobilisation contre la guerre et la crise le 30 mars
- une journée de solidarité avec le peuple palestinien pour impulser un boycott, le désinvestissement et les sanctions contre Israël le 30 mars
- la mobilisation contre le 60e anniversaire de l’OTAN le 4 avril- etc
* Renforcer les mobilisations qui se tiennent chaque année
- 8 mars : journée internationale de la femme
- 17 avril : journée internationale de la souveraineté alimentaire
- 1er mai : journée internationale des travailleu/rs/ses
- 12 octobre : mobilisation globale de lutte pour la Terre Mère, contre la colonisation et la marchandisation de la vie
*
Mettre en place un agenda des résistances contre le sommet du
G8 en Sardaigne, le sommet climatique de Copenhague, le sommet des
Amériques à Trinité et Tobago...
Nous
répondons ainsi à la crise par des solutions radicales
et des initiatives d’émancipation.
Les mouvements
sociaux réaffirment leur soutien actif à la lutte du
peuple palestinien ainsi qu’à toutes les actions des
peuples du monde contre l’oppression.
Déclaration de l'Assemblée des Femmes
Lorsque cette année, le FSM s'unit à la population de la Pan-Amazonie, nous, femmes de différentes parties du monde réunies à Belém, nous affirmons la contribution des femmes autochtones et des femmes de tous les peuples de la forêt comme sujet politique qui vient enrichir le féminisme à partir de la diversité culturelle de nos sociétés et avec nous, rendre plus forte la lutte féministe contre le système patriarcal capitaliste globalisé.
Le monde aujourd'hui, assiste à des crises qui montre la non viabilité de ce système. Les crises financières, alimentaire, climatique et énergétique ne sont pas des phénomènes isolés, mais représentent une même crise de modèle mue par la surexploitation du travail et de la nature et par la spéculation et financiarisation de l'économie.
Face à ces crises, les réponses palliatives basées encore dans la logique du marché ne nous intéressent pas. Ceci ne peut seulement mener qu'à une survie du même système. Nous avons besoin d'avancer dans la construction d'alternatives. Pour la crise climatique et énergétique, nous rejetons la solution des agro-combustibles et du marché de crédits de carbones. Nous, femmes féministes, nous proposons le changement du modèle de production et de consommation.
Pour la crise alimentaire, nous affirmons que les transgéniques ne représentent pas une solution. Notre proposition est la souveraineté alimentaire et la production agro-écologique.
Face à la crise financière et économique, nous sommes contre les millions retirés des fonds publics pour sauver les banques et les entreprises. Nous, femmes féministes, revendiquons la protection au travail et le droit à un revenu digne.
Nous ne pouvons accepter que les tentatives de maintien de ce système soient faites sur notre dos de femmes. Les démissions en masse, la réduction des dépenses publiques dans le social et l'affirmation renouvelée du modèle productif affecte directement nos vies et qu´augmente le travail de reproduction durable de la vie.
Pour imposer son emprise sur le monde, le système recourt à la militarisation et à la course aux armes ; il invente des confrontations/génocides qui font des femmes des butins de guerre, et il assujetti leurs corps à la violence sexuelle comme arme de guerre dans les conflits armés. Il expulse les populations et les oblige à vivre comme réfugiées politiques ; il laisse dans l'impunité la violence contre les femmes, le féminicide et d'autres crimes contre l'humanité qui se succèdent quotidiennement dans le contexte des conflits armés.
Nous féministes, proposons des transformations profondes et radicales des relations entre les êtres humains et avec la nature, la fin de la lesbophobie, du patriarcat hétéronormatif et raciste.
Nous exigeons la fin du contrôle sur nos corps et nos sexualités. Nous revendiquons le droit de décider en liberté sur nos vies et les territoires que nous habitons. Nous voulons que la reproduction de la société ne se fasse pas à partir de la super-exploitation des femmes.
Dans la rencontre de nos forces, nous nous solidarisons avec les femmes des régions des conflits armés et en guerre. Nous joignons nos voix à celles de nos compagnes d'Haïti et nous répudions la violence pratiquée par les forces militaires d'occupation. Notre solidarité aux Colombiennes, Congolaises, et tellement d'autres qui résistent tous les jours aux violences des militaires et milices impliqués dans les conflits de leurs pays. Notre solidarité avec les Iraqiennes qui font face à la violence de l'occupation militaire norte-américaine.
Actuellement et spécialement, nous nous solidarisons avec les femmes de Palestine qui sont dans la Bande de Gaza sous l'attaque militaire d'Israël. Et nous nous joignons à toutes celles qui luttent pour la fin de la guerre au Moyen-Orient.
Dans la paix comme dans la guerre, nous nous solidarisons avec les femmes victimes de la violence patriarcale et raciste contre les femmes noires et contre les jeunes.
De la même manière, nous manifestons notre appui et solidarité à chacune des compagnes qui sont en luttes de résistance contre les barrages, les marchands de bois, les entreprises minératrices et les méga-projets en Amazonie et autres parties du monde. Elles sont persécutées pour leur opposition légitime à l'exploitation. Nous nous joignons aux luttes pour le droit à l'eau.
Nous nous solidarisons avec toutes les femmes qui sont criminalisées pour pratique de l'avortement ou parce qu'elles défendent ce droit. Nous renforçons notre compromis et convergeons nos actions pour résister à l'offensive fondamentaliste et conservatrice, et pour garantir que toutes les femmes qui en ont besoin aient le droit à l'avortement légal et en sûreté.
Nous nous joignons aux luttes pour l'accès des femmes porteuses de déficiences et pour le droit d'aller et de venir des femmes migrantes.
Pour nous et pour toutes, nous continuerons notre compromis de construire le mouvement féministe comme une force politique contre-hégémonique et comme un instrument des femmes visant la transformation de leurs vies et de nos sociétés, appuyant et renforçant l'auto-organisation des femmes, le dialogue et l'articulation avec les luttes des mouvements sociaux.
Nous serons toutes, dans le monde entier, le 8 mars prochain et durant la Semaine d'Action Globale de la Marche Mondiale des Femmes de 2010, à nous confronter au système patriarcal et capitaliste qui nous opprime et nous exploite. Dans les rues et dans nos maisons, dans les forêts, dans les champs et plantations, dans le cheminement de nos luttes et dans le quotidien de nos vies, nous maintiendrons notre rébellion et mobilisation.
Déclaration de l'Assemblée sur les migrations
L’assemblée thématique sur les migrations a rappellé que, selon l’article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, migrer est un droit et n’est pas un crime. Les gouvernants du Nord, avec la complicité de ceux du Sud, portent une lourde responsabilité dans les désordres du monde et les mouvements de population qu’ils génèrent. La crise écologique, économique et financière mondiale et son corollaire, la crise alimentaire, démontrent la faillite du système mondial actuel qui accroît la pauvreté et les déséquilibres Nord–Sud.
Il est intolérable que la seule réponse apportée soit la généralisation de politiques migratoires sécuritaires et utilitaristes, qui criminalisent les migrants et les considèrent comme une main d’œuvre précaire, temporaire et privés de droits sociaux. Nous devons nous unir pour lutter contre la multiplication des comportements racistes et xénophobes, que la crise mondiale actuelle exacerbe.
Forts de nos mobilisations passées et à venir, nous appelons les mouvements sociaux à construire des alliances larges transnationales et thématiques afin de placer le respect des droits des migrants au cœur des politiques qui les concernent.
Déclaration de l'Assemblée sur la Justice climatique
Non aux solutions néolibérales, oui aux réponses des peuples !
Depuis des siècles, le productivisme et le capitalisme industriel détruisent nos cultures, exploite notre travail et empoisonne notre environnement. Aujourd’hui, avec la crise climatique, la terre dit "ça suffit", "ya basta" !
Une fois encore, ceux qui sont à l’origine des problèmes nous expliquent qu’ils ont des solutions : le marché d’émission de gaz carbonique, le soit disant "charbon propre", l’énergie nucléaire, les agro-fuels, et même un "new deal" vert. Mais ce sont des fausses solutions, des illusions néolibérales. Il nous faut aller au-delà de ces illusions. Les solutions réelles au changement climatique sont en train de ses construire avec ceux qui ont toujours protégé la terre et ceux qui se battent tous les jours pour défendre l’environnement et leurs conditions de vie.
Nous devons aujourd’hui globaliser ces solutions. Pour nous, les luttes pour la justice climatique et la justice sociale sont la même chose. C’est la lutte pour l’accès à la terre, la défense des forets, l’accès à l’eau, la réforme agraire et urbaine, la souveraineté alimentaire et énergétique, la lutte pour le droit des femmes et le droit des travailleurs.
C’est le combat pour l’égalité et la justice pour les populations indigènes, pour les peuples du "Sud global", pour la répartition des richesses et la reconnaissance de la dette écologique historique que doivent les pays du Nord. Contre les intérêts désincarnés et dominés par la logique du marché des élites et contre le modèle dominant de développement basé sur le consumérisme et la croissance sans fin, le mouvement pour la justice climatique revendique la défense des "biens communs" et met les questions sociales et économiques au cœur de notre combat contre le changement de climat.
Nous appelons les salariés, les paysans, les pêcheurs, les jeunes et les étudiants, les peuples indigènes et tous les êtres humains concernés, du Nord comme du Sud, de joindre cette bataille commune pour construire les solutions réelles à la crise climatique pour le futur de la planète, celui de nos sociétés et de nos cultures. Ensemble, nous construirons le mouvement pour la justice climatique.
Nous soutenons les mobilisations face au G20 et la crise du 28 mars au 4 avril, ainsi que la mobilisation du 17 avril 2009 de la Via Campesina. Nous soutenons l’appel à une journée mondiale d’action pour la défense de la "Mère Terre" et les droits des peuples indigènes du 12 octobre.
Nous appelons à nous mobiliser avec différentes formes d’action pour la conférence de l’ONU de Copenhague, en particulier pour la journée d’action du 12 décembre.
Dans tous les aspects de notre travail, nous voulons dénoncer les fausses solutions, faire entendre les voix du Sud, défendre les droits de l’homme et renforcer notre solidarité dans le combat pour la justice climatique. Si nous faisons les bons choix, nous pouvons construire un monde meilleur pour toutes et tous.
Déclaration de l'Assemblée sur la solidarité avec la Palestine
In December 2008, Israel decided to mark the 60th anniversary of its existence the same way it had established itself – perpetrating massacres against the Palestinian people. In 23 days, Israel killed more than 1,300 and injured over 5,000 Palestinians in Gaza. The irony of history is that Israel targeted those Palestinians – and their descendants - whom it had expelled from their homes and pushed into refugee-hood in Gaza in 1948, whose land it has stolen, whom it has oppressed since 1967 by means of a brutal military occupation, and whom it had tried to starve into submission by means of a criminal blockade of food, fuel and electricity in the 18 months preceding the military assault. We cannot wait for Israel to zero in on its next objective. Palestine has today become the test of our indispensable morality and our common humanity.
The time for the world to fully adopt and implement the Palestinian call for boycotts, divestment and sanctions is NOW. This campaign has to become an urgent part of every struggle for justice and humanity, by adopting widespread action against Israeli products, companies, academic and cultural institutions, sports groups, international corporations supporting Israeli policies of racism, ethnic cleansing and military occupation and pressuring governments for sanctions. It must be sustained until Israel provides free access to Gaza, dismantles the Apartheid Wall and ends its occupation and colonization of all Arab lands; recognizes the right of the Arab Palestinian citizens of Israel to full equality; and respects, protects and promotes the rights of the Palestinian refugees to return to their homes and properties.
We therefore call on all to unite our different capacities and struggles in a
Global Day of Action in Solidarity with the Palestinian people and for Boycott, Divestment and Sanctions (BDS) against Israel on March 30th.
The mobilization coincides with the Palestinian Land Day, the annual commemoration of the 1976 Israeli massacre of Palestinians in the Galilee in struggle against massive land expropriation, and forms part of the Global Week of Action against the Crises and War from March 28 to April 4.
We urge the people and their organizations around the globe to mobilize in concrete and visible BDS actions to make this day a historic step in this new anti-apartheid movement and for the fulfilment of the rights and dignity of the people and the accountability of the powerful. In our March 30th BDS actions, we will particularly focus on:
Boycotts and divestment from Israeli corporations and international corporations that sustain Israeli apartheid and occupation
Legal action to end Israel’s impunity and prosecute its war criminals through national court cases and international tribunals, such as the initiative of Ecuador for an advisory tribunal.
Cancelling and blocking free trade and other preferential agreements with Israel and imposing an arms embargo as the first steps towards fully fledged sanctions against Israel.
We support the initiative of civil society groups that organize international presence of peace teams in Palestine. We welcome and encourage the progressive governments in the global south and around the world to end the monopoly of political initiative on Palestine held by the US and the European Union. Belém, 1er février 2009
Le
9º FSM a été évidemment marqué par
la crise profonde (économique, financière, écologique,
alimentaire, énergétique et géopolitique)
que traverse le capitalisme mondialisé ( illustrée lors
du forum de Davos qui se tenait au même date que le FSM)
Prochaines dates de mobilisation
mars 09, Istambul, Forum de l'eau
avril 09, Strasbourg, mobilisation contre l'Otan
juillet 09, Italie, sommet du G8
décembre 09, Copenhague, sommet sur le climat
janvier 2010, Forum socila polycentrique -réunions dispersées
janvier 2011, Forum social mondial en Afrique
Appel "Mettons la finance à sa place !", Belém, le 1er février 2009
Pour un nouveau système économique et social Mettons la finance à sa place ! Appel soumis à la signature des associations, syndicats et mouvements sociaux
La crise financière est une crise systémique qui s’inscrit dans le contexte de crises globales multiples (climatique, alimentaire, énergétique, sociale…) et d’un nouvel équilibre des puissances. Cette crise résulte de trente ans de transferts des revenus du travail vers le capital, tendance qu’il faut inverser. Elle est la conséquence d’un système de production capitaliste fondé sur le laissez-faire et qui se nourrit de l’accumulation des profits à court terme par une minorité, des déséquilibres financiers internationaux, de la répartition inégale des richesses, d’un système commercial injuste, de la perpétration et l’accumulation de dettes irresponsables et illégitimes, du pillage des ressources naturelles et de la privatisation des services publics. Cette crise frappe l’humanité dans son ensemble, à commencer par les plus vulnérables (les travailleurs, les chômeurs, les paysans, les migrants, les femmes…) et les pays du Sud, qui sont victimes d’une crise dont ils ne sont en rien responsables.
Les moyens utilisés pour sortir de la crise se limitent à socialiser les pertes en vue de sauver, sans réelle contrepartie, le système financier à l’origine du cataclysme actuel. Où sont les moyens pour les populations qui sont victimes de la crise ? Le monde n’a pas seulement besoin de régulations, mais d’un nouveau paradigme qui ramène la sphère financière au service d’un nouveau système démocratique fondé sur la satisfaction de tous les droits humains, le travail décent, la souveraineté alimentaire, le respect de l’environnement, la diversité culturelle, l’économie sociale et solidaire et une nouvelle conception de la richesse. C’est pourquoi nous demandons de :
• Mettre les Nations unies, réformées et démocratisées, au cœur de la réforme du système financier, car le G20 n’est pas un forum légitime pour apporter les réponses adéquates à cette crise systémique. • Etablir des mécanismes internationaux, permanents et contraignants, de contrôle des mouvements de capitaux. • Mettre en œuvre un système monétaire international fondé sur un nouveau système de réserve et incluant la création de monnaies de réserve régionales, afin d’en finir avec la suprématie du dollar et d’assurer la stabilité financière internationale. • Mettre en œuvre un mécanisme global de contrôle public et citoyen des banques et des institutions financières. L’intermédiation financière doit être reconnue comme un service public garanti à tous les citoyens du monde et doit être sortie des accords de libre échange. • Interdire les fonds spéculatifs et les marchés de gré à gré, sur lesquels sont échangés les produits dérivés et autres produits toxiques hors de tout contrôle public. • Eradiquer la spéculation sur les matières premières, à commencer par les produits alimentaires et énergétiques, par la mise en œuvre de mécanismes publics de stabilisation des prix. • Démanteler les paradis fiscaux, sanctionner leurs utilisateurs (individus, compagnies, banques et intermédiaires financiers) et créer une organisation fiscale internationale chargée d’enrayer la concurrence et l’évasion fiscales. • Annuler la dette insoutenable et illégitime et établir un système responsable, démocratique et juste de financement souverain au service du développement durable et équitable. • Etablir un nouveau système international de répartition des richesses par la mise en œuvre d’une fiscalité plus progressive au niveau national et par la création de taxes globales (sur les transactions financières, sur les activités polluantes et sur les grosses fortunes) pour financer les biens publics mondiaux.
Nous appelons les associations, les syndicats et les mouvements sociaux à converger pour créer un rapport de force citoyen en faveur de ce nouveau modèle. Nous les appelons à multiplier les mobilisations partout dans le monde, notamment face au G20, dès le 28 mars 2009.
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