L'Europe, de plus en plus soucieuse de préserver ses frontières, va adopter, sous présidence française, le Pacte européen sur l'immigration et l'asile. Cela sera suivi, en novembre prochain, de la deuxième conférence interministérielle euro-africaine en matière de migration et développement, qui se déroulera à Paris.
En tant que parlementaire, je ne peux que m'inquiéter de cette course à la « gestion concertée des flux migratoires et de co-développement » comme modèle de négociation. Je me suis battu, sur les bancs de l'Assemblée nationale, avec d'autres collègues, contre la promotion faite à une immigration choisie. Aujourd'hui, je dénonce avec force la demande faite par l'Europe aux pays du Sud de réadmettre leurs ressortissants et ceux des pays tiers ayant transité sur leur territoire. L'Europe et nombre de pays d'immigration refusent la seule issue politique possible: arrêter les choix économiques et politiques imposés qui maintiennent le continent africain en marge du développement et qui paupérisent la grande majorité de sa population.