A la lecture du projet de texte pour le prochain congrès du PCF, rien de grave, d’exceptionnel ne s’est passé pour le PCF et pour le pays ces derniers mois… Comme d’habitude, le texte promet des innovations mais n’en propose aucune. Comme d’habitude, il affirme l’identité du parti tout en confirmant le très inégal tête-à-tête avec le PS.
En regardant de plus près on trouvera bien une nouveauté : contrairement aux statuts du parti et à la pratique depuis cinq congrès, le texte proposé par Pierre Laurent (1) au nom de la direction ne présente qu’une seule option à l’exclusion de toute autre : continuer le PCF et l’union de la gauche. Certes, la mode est au vintage et à la reprise des anciens standards, mais là, c’est exagéré.
Ce point de vue est présenté comme le seul raisonnable. Pourtant nous savons tous que le PCF n’est déjà plus que l’ombre de lui même ; que l’union de la gauche ancienne formule est moribonde, que nos rapports avec le PS sont à repenser quand celui-ci se tourne vers le Modem.
Cette liquidation de toute ambition, ce renoncement à donner du poids politique aux idées d’alternative n’est pas acceptable. Nous ne sommes pas communistes pour sauver un appareil.
Conventionnel en diable, sans idée et sans audace, ce texte pêche aussi par son irréalisme. Il n’y aura pas de sursaut communiste dans le cadre actuel. Il faut viser plus loin : une refondation globale de notre projet et de notre organisation. Avec d’autres.
Les communistes unitaires membres du PCF vont une fois encore tenter de convaincre leurs camarades de travailler à la convergence de toutes les forces sociales, politiques, culturelles qui ne veulent pas se résoudre au bipartisme ni au dilemme impuissant LCR/PS. Nous tenterons une fois encore de remettre notre parti en position unitaire pour préparer les élections européennes. Si l’option de la direction se confirmait, quatre ans après le « non » de gauche à l’Europe libérale, il pourrait n’y avoir aucun député français euro-alternatif au Parlement.
Donner moins de deux mois aux communistes pour débattre de l’avenir de leur parti est une mauvaise plaisanterie. Elle ne nous fait pas rire.
1. Responsable national du PCF
Triste. Pire, dramatique. Comment peut-on être bouché à ce point ? J'ai du mal à l'imaginer. Je me refuse à l'anti communisme, c'est très facile et ça ne résoud rien. Mais comment parfois ne pas exploser de colère en voyant tout ce qui se passe; en voyant ce qu'à été dans le passé le PCF, gâcher un tel outil au nom de je ne sais plus quoi....Comme si le PS était le parti susceptible de fair l'union de la gauche, franchement je rirais aux éclats si ce nétait pas catastrophique.
Alors ? eh bien je vais me tourner vers le NPA, en appelant tous les communistes à y aller, participer, construire quelque chose de novateur, capable de créer une dynamique d'espoirs, d'espoirs de changements, d'espoirs vitaux. Le monde va à la dérive et la responsabilité historique que porte le PCF est gravissime.
Rédigé par : marc | 06 octobre 2008 à 20:22
Boh... tout ça me semble largement exagéré. Il y a dans le texte des nouveautés, l'idée du front me convient parfaitement. En plus, on peut largement modifier le contenu, faut pas déprimer comme ça... Je comprends pas le tout ou rien des communistes unitaires. Ok, on dépasse pas la forme "pcf", bon ba c'est un choix des communistes pour l'instant, peut-etre que ça viendra plus tard, j'en sais rien. Mais déjà, il y a l'idée de travailler avec d'autres, de regrouper des forces sur des enjeux... c'est quand même pas du repli!
De toute façon, on pouvait pas espérer bien mieux de cette direction qui a du "donner à manger" à toutes les "tendances" - fichues tendances...
Moi j'ai de l'espoir mais aussi je suis chaud pour que ça bouge localement. On fait les marchés, on organise des débats, lance des initiatives etc... on bosse quoi.
Alors ce que j'attends moi c'est qu'on nous aide : une théorie, une vision du monde, discutée, enseignée, diffusée; une direction qui impulse et organise les campagnes et après bosser, bosser, bosser avec toutes les forces progressistes (ceci dit, chez nous, à part LO, sur le marché, y'a personne...les gars qu'on voyait pour les collectifs, on en a jamais revu un seul et pourtant, c'est pas faute de les avoir relancer)
Rédigé par : benoit | 08 novembre 2008 à 00:25