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04 décembre 2007

AU CENTRE LA BANLIEUE

Vendredi dernier s'est tenue à Plaine Commune une rencontre informelle sur l'avenir de la métropole francilienne. Avant de vous donner à lire l'intégralité des interventions, je vous livre en avant-première mes interventions (ouverture et conclusion) au cours de ce débat.

Bonne lecture.

Intro

Bonjour à toutes et à tous. Je vous remercie pour votre présence car je mesure vos difficultés à libérer du temps dans vos agendas. La présente rencontre se veut avant tout dédiée à l’échange et au débat, de façon informelle. Pourquoi ici et maintenant ? Les débats actuels autour du schéma directeur d’Ile-de-France ne sont pas étrangers à ce choix, ni l’appel du président de la République à réformer la gouvernance métropolitaine. Pour ce faire, il nous était impossible de nous priver des réflexions de spécialistes. L’enjeu est trop important pour cela.

Vous savez tous que depuis le dernier schéma directeur régional d’Ile-de-France (SDRIF) – et malgré les volontés qu’il affichait – la région Ile-de-France a connu un accroissement des inégalités, à la fois territoriales et sociales. Il va sans dire que les derniers événements de Villiers-le-Bel montrent tout le danger qu’il y a à laisser ces inégalités perdurer.

Notre rencontre ne servira pas à apporter une conclusion aux thèmes qui nous occupent, mais plutôt à échanger entre élus de tous horizons, spécialistes et universitaires occupés à mesurer les conséquences de différents scénarios, en Ile-de-France ou ailleurs.

Conclusion

Je ne saurai conclure ce débat particulièrement riche. Je note l’existence de points de consensus et d’autres qui font débat. La nécessité de mettre fin à l’étalement urbain a été posée avec, en corollaire, la densification de pôles. En outre, il est indispensable que le pouvoir politique reprenne le contrôle du destin de l’Ile-de-France.

Si le président de la République a relancé l’idée d’un « Grand Paris », c’est uniquement pour répondre à la question de la compétitivité. Or cet enjeu doit aller de pair avec la réduction des inégalités. Sur ce plan, l’intervention de Toni Negri suscite des craintes. Mais la ville est porteuse d’espoirs car elle est un terrain où, chaque jour, des femmes et des hommes innovent. C’est la relation entre le pouvoir et ce mouvement social – ou du moins, ce qui fait mouvement dans la société – qu’il reste à organiser.

  

En tout état de cause, la question posée par le président de la République ne doit pas déposséder les populations et les élus de la réflexion sur leur territoire. Aujourd’hui, il faut traiter de tous les sujets, au-delà des égoïsmes. De ce point de vue, l’intercommunalité est une question centrale, que l’on ne peut d’ailleurs réduire à la répartition des fruits de la taxe professionnelle. En effet, chaque territoire doit être créateur de richesses, être co-acteur du développement.

L’identification à sa ville est un point central. Elle permet de recréer de la dignité, de la dynamique personnelle. De ce point de vue, la fierté liée à l’implantation du Stade de France est révélatrice. L’aménagement de l’Ile-de-France nous place au cœur de questions qui intéressent l’ensemble du pays. C’est pourquoi je souhaite que nous puissions poursuivre la réflexion lancée aujourd’hui. Certes, nous avons besoin de la centralité parisienne comme nous avons besoin que la capitale ne soit pas une « ville-musée ». Il faut à l’inverse qu’elle retrouve la plénitude de ses fonctions – en matière de logement social notamment – afin d’attirer de nouveaux habitants aux revenus modestes. L’attractivité parisienne doit être partagée avec une banlieue qui fait corps, grâce à l’intercommunalité, autour de projets partagés.

Au final, je refuse que la réponse à tous ces enjeux soit tranchée sans l’avis des habitants, des politiques et des spécialistes. Dans le cas contraire, c’est le pire qui nous attend.

Commentaires

Les questions des banlieues rejoignent celle du "nouveau traité européen". S'il y a déni de démocratie, s'il y a refus de considérer que tous, en République, ont droit à une égalité de traitement, il nous faut craindre le pire.
D'injustice en injustice, de mépris social en mépris social, nous glissons chaque jour danvantage sur une pente dangereuse.

Si, seulement, se créait une réelle force de gauche!

Lettre ouverte à nos élus de tous bords,

Mesdames, Messieurs, les Maires, les Conseillers généraux, les Conseillers régionaux, les Députés

Nous, citoyens, qui avons permis par nos suffrages que vous nous représentiez, au niveau communal, cantonal, départemental, national, demandons que vous preniez en compte notre voix citoyenne, en exigeant que le traité de Lisbonne des 18 et 19 octobre 2007 , soit soumis à un référendum.

Monsieur Sarkozy, Président de la République française, avait, certes, annoncé durant sa campagne présidentielle, que s’il était élu, un nouveau traité simplifié serait ratifié par voie parlementaire. Or, le traité de Lisbonne n’est, en aucun cas, un traité simplifié : il reprend, sans en changer le contenu, mais en modifiant seulement la forme (renvoi de paragraphes et d’articles), le TCE que les Français et les Hollandais avaient majoritairement rejeté en 2005, et sa ratification par voie parlementaire n’a donc plus de légitimité.

Notre Président annonçait lui-même, lors d’une conférence devant une commission restreinte de parlementaires européens, (en novembre dernier), qu’un « Référendum aujourd’hui mettrait l’Europe en danger », qu’il « n’y aurait pas de traité si un référendum avait lieu en France », et qu’il « en allait de même pour un référendum au Royaume-Uni ». Il ajoutait que « les référendums sur le nouveau traité européen » étaient « dangereux et perdants en France , en Angleterre et dans d’autres pays », qu’il existait « un gouffre entre les peuples et les gouvernements », que « la France n’était qu’en avance des autres pays dans son vote Non », et que « la même chose arriverait dans tous les Etats membres si un référendum y était organisé ».
(cf. http://www.telegraph.co.uk/news/main.jhtml?xml=/news/2007/11/14/wfra114.xml)

Nous sommes encore en démocratie, et nous demandons seulement que la volonté populaire soit respectée… sinon, les élus ne représenteront plus qu’eux-mêmes. Alors, le « gouffre entre les peuples » et leurs « gouvernements » aura des chances de se creuser chaque jour davantage et d’aboutir à des désordres incontrôlables et dont nul ne veut !…

Ainsi, une Europe construite sans les peuples qui la composent ne sera jamais une Europe forte et démocratique. Au contraire, une Europe véritablement démocratique, une Europe modèle, sociale et humaniste dans un monde en débandade, pourrait être notre fierté.

C’est ce problème-là que nous mettons entre vos mains d’élus, c’est la représentation de la volonté citoyenne que nous vous avons déléguée par nos votes qui est en jeu.

Selon qu’il y aura ou non référendum sur ce traité, nous saurons si nous sommes encore dans une démocratie véritable ou si nous avons reculé d’au moins trois siècles au nom d’on ne sait quelle modernité !

Nous vous faisons encore confiance pour mesurer la gravité de la situation.
Nous vous prions, mesdames et messieurs nos élus de bien nous représenter !

La question n’est pas le résultat d’un vote (oui ou non), si un référendum est organisé, la question est celle du respect du peuple dans sa totalité et de la volonté citoyenne.

Salut,
A propos de Montreuil, j’ai entendu un truc navrant de la part de Dominique Voynet ce week end. Elle explique sa candidature aux municipales et son désir de déboulonner Brard parce qu’il a été élu maire à l’époque de… Brejnev ! Et que donc, le n°1 soviétique étant has been comme le communisme, d’après elle, Jean-Pierre Brard devait dégager. D’une part, l’argument est pitoyable et les tractations avec le PS pour prendre la ville aux cocos (c’est tellement plus facile que d’aller attaquer la droite) risquent de l’être aussi. Mais d’un autre côté, après vérification, on s’apperçoit que Brejnev est mort deux ans plus tôt que l’élection de Brard ! Et on rigole encore plus quand on apprend que Dominique Voynet est née… un 4 novembre 1958, jour de l’élection du pape Jean XXIII, autre has been notoire. Bonne nuit, les Verts.
pierre, militant associatif du 9-3

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