Voici un texte que j'ai écrit sur les élections municipales, paru dans Marianne, daté du 6 octobre.
Les élections du printemps 2008 seront une échéance décisive pour la politique française et pour la gauche. Une échéance politique de fond. Pour l’immense majorité des électeurs, l’enjeu politique concret va être celui de la ville dans laquelle nous voulons vivre ensemble.
C’est dans la ville d’aujourd’hui, avec ses tensions, ses peurs mais aussi ses échanges et ses solidarités, que nous vivons tous, au quotidien, les bouleversements de la mondialisation.
Précarité, violence, spéculation foncière, emploi, migrations, racisme… C’est ici et maintenant que les élus locaux, en particulier dans les quartiers populaires, ont obligation d’apporter des solutions concrètes à des questions de société universelles. Nous devons faire la preuve que les valeurs de solidarité, de justice, de démocratie, d’égalité et de liberté sont porteuses de réponses durables. La gestion quotidienne de la ville mondialisée met à l’épreuve depuis des années nos habitudes, notre façon de voir le monde, et même nos valeurs. La ville dessine aujourd’hui les axes des enjeux de société concrets. C’est pourquoi l’élection municipale revêt un caractère particulier : c’est un terrain de recomposition de la culture de gauche et de résistance au sarkozysme, face à « l’évidence » de solutions « pragmatiques » et sécuritaires.
Le présent ne peut insulter l’avenir. C’est aux côtés des habitants des villes, dans leurs initiatives individuelles et collectives de solidarité que nous pouvons résister aux exclusions et aux haines que génère le capitalisme mondialisé.
Nous avons cinq défis majeurs à relever : la spéculation foncière et ses effets, l’avenir de la planète, la solidarité locale et globale, la résistance à la tentation sécuritaire, l’émergence de responsables politiques issus de la diversité de nos villes populaires. Sur ces cinq enjeux nous devons marier les propositions concrètes à la solidité des valeurs.
La spéculation foncière touche les métropoles du monde entier, interdit le droit au logement, génère les bidonvilles, oppose les populations les unes aux autres. Paradoxe redoutable : toute amélioration de la ville en faveur des habitants se traduit par la hausse du foncier. La relance du logement social est une urgence, comme le soutien à des solutions alternatives comme les coopératives ou l’accession sociale à la propriété. Il est urgent de stopper le rejet des plus modestes loin des centres, et de considérer tous les habitants comme des citoyens de la ville à égalité.
L’explosion urbaine est une des principales sources des gaz à effet de serre. Nous avons une responsabilité vis à vis du monde aussi bien que vis-à-vis des habitants. Il faut faire de la ville écologiquement soutenable une priorité absolue, inventer ensemble un « protocole de Kyoto urbain ».
Plus que jamais, la solidarité et la coopération sont des conditions du développement urbain. Il faut soutenir toutes les initiatives qui maillent la ville de coopérations humaines directes, les services publics, les initiatives de commerce équitable et de circuits courts qui nouent durablement des solidarités interrégionales et internationales. Il nous faut élargir et consolider cette solidarité par des coopérations locales et communes des villes dans la mondialisation.
Les villes sont depuis l’origine d’abord des lieux de liberté. Elles ne sauraient devenir les laboratoires de la société policière. Allons-nous nous résigner à la généralisation de la vidéosurveillance, aux patrouilles dans les gares et les quartiers, à l’appel à la dénonciation ? Le sécuritaire est un engrenage de violence qui renforce la peur de l’autre. L’urgence est plutôt de restaurer la légitimité de la loi trop souvent mise à mal par les injustices qu’elle protège ou les exactions policières dont elle est le prétexte. C’est avec ses citoyens actifs et responsables que la ville peut devenir un espace de tranquillité publique favorable à son développement.
La ville pour tous, c’est évidemment la ville par tous. La Charte européenne des droits de l’homme dans la ville adoptée le 18 mai 2000 à Saint-Denis, et signée par des centaines de villes européennes, le pose comme un engagement nécessaire : il faut promouvoir et inventer les formes démocratiques qui permettent d’associer tout le monde, mettre en partage le droit de vote. Ce qu’on a appelé le communisme municipal a fait émerger dans les villes populaires, des femmes et des hommes qui sont devenus des élus et des responsables politiques issus du milieu ouvrier, en phase avec la société locale. Aujourd’hui, il y a de surcroît un enjeu essentiel avec la promotion des citoyens dans la diversité de leurs origines et de leur couleur de peau. Cette exigence doit présider à la constitution des futures listes de candidats aux élections municipales de 2008, seul moyen d’exprimer une réalité sociale de mélange, dont nous revendiquons la richesse.
« Ici surgit la Ville » annonçait cette Charte. Travaillons ensemble à ce que, en mars 2008, de ces villes, de ces quartiers populaires, de leur exigence et de leurs valeurs, « ici surgisse la gauche ».
bonjour
à tremblay en france ,350 communistes ;180 dans le grand ensemble ,aucun maire adjoint issu du grand ensemble .cela pose probleme .mais je suis optimiste ,il ya eu des banlieus rouges ,il ya aura des "rouges banlieus " .la tendance est à la polisation des grands ensembles ...une nouvelle civilisation cherche à naitre ,qui fait des liens humains un enjeu de luttes des classes ,mais il faut robert hue ,car c'est le seul qui a parler de la cité grécque comme modele pour la france .la culure latine est trop puritaine .. en fait je crois que dans toute la terre est des refondateurs communistes ..le probleme ,il qu'il faut chercher les debouchés poltiques pas seulement dans le mouvement social ,mais dans le mouvment humain ,ou lien humain ....noureddine elkarati: un refondateur communiste nb je crois comme f asensi à un nouvel humanisme ,à condition qu'il soit communiste ou radical
Rédigé par : noureddine elkarati | 13 janvier 2008 à 11:57