Certains des Rroms évacués de Saint-Denis il y a 15 jours sont déjà revenus, récit par l'afp.
BOBIGNY,
24 oct 2007 (AFP) - Huit jours après leur "expulsion"du territoire
français, trois Roms roumains ayant accepté, selon les autorités,un
rapatriement volontaire dans leur pays, sont rentrés en Seine-Saint-Denis. Ils
racontent à l'AFP les conditions de cet aller-retour. Cheveux noirs,
teint buriné, Nicolaï, Stefan et Mihaï (leurs prénoms ont été modifiés),âgés
entre 30 et 45 ans, ont été renvoyés chez eux le 10octobre en deux cars avec
une quarantaine d'autres Roms (37 adultes et 6 enfants) de Saint-Denis. Tous
ont été débarqués le lendemain à Oradea, première grande ville roumaine après
la frontière avec la Hongrie. Le 18octobre, les trois hommes étaient de
retour en France, déposés "à la tour Eiffel" par un bus de ligne. Ils
ont rejoint depuis un autre terrain à Saint-Denis. Tous trois assurent que
c'était leur première "expulsion" de France, où ils disent faire des
séjours intermittents depuis moins d'un an. "Les policiers
sont arrivés à l'aube, on dormait. Ils nous ont dit de faire nos bagages pour
repartir en Roumanie", relate Nicolaï, dont les propos en langue rom sont
traduits par un interprète. Entre l'évacuation du bidonville et
leur départ pour la Roumanie, à 10H30, quelques heures se sont écoulées. Tous
se sont vu remettre des Obligations de quitter le territoire français
(OQTF). Les Roms avaient un mois pour faire un recours ou quitter
le territoire.
Mais, selon la préfecture, 63
Roumains au total ont accepté une aide au retour (153 euros par adulte, 46
euros par enfant) immédiat après un examen"au cas par cas" de leur
situation. Neuf l'ont refusée. "Les traducteurs nous ont dit
de signer, que c'était obligatoire. On nous a menacé d'aller en garde à vue,
disant que de toute façon, on serait expulsés après", rapporte
Stefan. Pour l'association Parada, qui prépare des recours en
justice, les droits des Roms "n'ont pas été respectés". "Leurs
droits ont été dits, ils étaient bien volontaires pour repartir", a assuré
à l'AFP un responsable de l'Anaem (Agence Nationale de l'Accueil des Etrangers
et des Migrations). Les trois Roms prétendent n'avoir pas entendu
parler d'argent avant le voyage, ce que conteste l'Anaem. "On nous a remis
des enveloppes avec des lei (la monnaie roumaine) dans le car", "on
pensait que c'était pour acheter des billets de train", dit Nicolaï. Selon
la préfecture, "un dispositif spécial d'accueil" devait être mis en
place à leur arrivée. "Les cars nous ont déposés à Oradea,
derrière la gare de train", relatent les Roms."On a vu
personne", assurent-ils. Selon l'Anaem, une ONG roumaine,
Kensen, présente à Oradea, "a pris les coordonnées de chacun afin der
eprendre contact". "D'ordinaire, on raccompagne les gens
près de leur lieu d'habitation", mais dans le cas de ce convoi, "il a
été décidé de les déposer à Oradea pour des questions de sécurité en raison de
tensions entre quelques Roms et le chauffeur d'un car", explique-t-on à
l'Anaem. Pour rejoindre leurs familles près de Bucarest, à l'autre
bout du pays, tous ont pris le train. Au bout d'une nuit et un jour de voyage,
"il me restait 100 lei", soit 30 euros sur les 153 euros de l'aide au
retour, calcule Nicolaï. Passée "la honte" d'être rentré,
aucun n'a envisagé une seconde rester en Roumanie. "Pour quoi
faire?". Tous sont venus en France "chercher du travail".
"Ici, on est payés 60 euros par jour en travaillant au noir dans le
bâtiment. Selon les mois, on peut gagner entre 600 et 1.500 euros.
En Roumanie, un Rom gagne 100 euros en un mois et il meurt de faim",
explique Nicolaï. "Les autres vont suivre dans les jours qui
viennent",prédit-il
Pour mémoire le communiqué de Didier Paillard, Maire de Saint-Denis et Patrick Braouezec, Député