Sur l'Education
La
saignée se confirme donc dans l'emploi public. Ce sont 10000 postes qui seront
supprimés en 2008 dans l'Education nationale. Alors que les syndicats
(personnels et étudiants) ne manquent pas de rappeler les besoins en effectifs.
Cette mesure est paradoxale, car comme le rappelle le syndicat majoritaire, "les
effectifs à la rentrée 2008, tels qu'ils sont prévus par le ministère,
augmentent de plus de 20 000 élèves". On va nous expliquer que l'on doit faire mieux avec
moins, mais l'Education nationale n'est pas un terrain expérimental pour les
apprentis sorciers du tout libéral, il s'agit de l'avenir des enfants de ce
pays.
Maintenir une telle mesure creuserait à coup sur les inégalités,
surtout là où sont déjà concentrées un grand nombre de difficultés. En effet
comment envisager sereinement l'avenir quand le ministère prévoit une
hausse démographique telle qu'en 2015 le nombre d'élèves aura augmenté de 176
000 élèves par rapport à 2005 ?
Il faut que le gouvernement cesse de voir l'Education
comme une charge et comme gâteau qu'il faudrait partager. C'est un
investissement, à très long terme, qui mérite un effort tout particulier, et
sûrement pas cette thérapie de choc libérale annoncée qui fera encore une fois
les affaires du secteur privé, à l'affût du moindre désengagement de l'Etat
afin de gagner des parts de marché.
Sur l'énergie
Je tiens à réaffirmer ma totale désapprobation de
l'ouverture du marché de l'énergie pour les particuliers ce 1er
juillet.
Les faits sont têtus : de nombreuses entreprises
qui avaient quitté le tarif régulé, se sont plaintes des hausses de prix
pratiqués par les opérateurs alternatifs et ont souhaité revenir au tarif
régulé. En Europe parmi les pays européens qui ont déjà libéralisé leurs
marchés, les prix de l'électricité et du gaz ont grimpé en flèche : +51%
sur l'électricité depuis 2006 en République tchèque, +70% sur le gaz en
Grande-Bretagne depuis 2003. Au vu de ces données la meilleure des choses à
faire est de justement ne rien faire !
De nombreuses associations ainsi que les syndicats,
alertent à juste titre l'usager contre les risques réels d'augmentation de la
facture énergétique.
Par ailleurs, cette ouverture supplémentaire va
accentuer la pression sur les opérateurs historiques et justifiera aux yeux du
gouvernement la privatisation totale des opérateurs, qui, comble de
l'absurdité, sont mis en concurrence alors que c'est leur complémentarité qui
en a fait des acteurs internationaux incontournables.
J'appelle les usagers à la prudence, et par
conséquent à garder les contrats dits « régulés », les seuls qui les
mettent à l'abri des hausses liées aux aléas boursiers.