Ma priorité absolue est de l’'empêcher de l’'emporter. En face la gauche ne va pas bien, Ségolène Royal, dont le choix participatif et le libre ton ont fait naître des espoirs chez beaucoup de citoyens, mène une campagne « qui ne fâche pas » mais qui ne prend pas la mesure des enjeux sur des questions fondamentales comme celle de la crise des banlieues, de la ghettoïsation en marche et de l'’aggravation des inégalités entre territoires et entre citoyens. C’'est d’ailleurs une caractéristique du parti socialiste, plus lié aux couches moyennes qu’'aux catégories les plus modestes. S'’il n'’y a pas de menace d'’un nouveau 21 avril, il n'’y a cependant pas de réserve de voix à gauche et aucune dynamique de rassemblement en cours.

La gauche doit pourtant parler et agir plus fermement pour les familles ou les personnes mal logées, les SDF, contre la précarité, les discriminations raciales, le traitement indigne infligé aux sans papiers, pour les bas salaires, les retraites, contre les stock options ou les parachutes dorés pour la défense de l'’hopital, des services publics pour enfin le choix de la culture et de l’'éducation. Le parti socialiste occupe une partie de ce terrain avec la tentation de ne pas aller trop loin et du coup néglige les catégories les plus malmenées même si en son sein des militants agissent.